Flora Aubin

Mon parcours de psychanalyste s'enracine dans une analyse personnelle commencée en 1996 et poursuivie, depuis, par un travail continu d'étude et de recherche, accompagné au fil des années par la supervision de ma pratique.

Celui qui cherche un analyste ne cherche pas d'abord une biographie. Il cherche, souvent sans le savoir, quelqu'un qui puisse entendre ce qui, en lui, n'a pas encore trouvé de mots. Si je dis ici d'où je viens, c'est seulement pour que l'on puisse pressentir depuis quelle expérience je l'écouterai.

Cette écoute s'est d'abord formée dans ma propre analyse, commencée en 1996. Avant d'être une pratique, la psychanalyse a été pour moi ce que je propose aujourd'hui à d'autres : un lieu où l'on peut se découvrir plus vaste que ce que l'on croyait savoir de soi. Peut-être est-ce pour cela que je n'attends de personne qu'il arrive avec une demande déjà claire.

Elle s'est formée aussi dans les organisations, où j'ai accompagné depuis 2000 des dirigeants et des équipes, comme consultante chez Lee Hecht Harrison puis dans mon cabinet lyonnais, Essentia Consultis. J'y ai rencontré des personnes prises dans des places qu'elles n'avaient pas choisies, dans des répétitions que personne ne voulait, et une souffrance que ma place d'alors ne permettait pas d'entendre jusqu'au bout. C'est dans l'analyse qu'a mûri le désir d'aller plus près de cette souffrance, et l'analyse didactique puis la supervision m'ont conduite, en 2013, à la place d'analyste.

Aussi la personne qui arrive avec un épuisement, une perte de sens, un travail devenu le lieu d'une épreuve, ne sera-t-elle renvoyée ni à sa seule fragilité, ni à la seule organisation qui l'use. Qu'est-ce qui, dans ce qui lui arrive, vient du monde où elle travaille, et qu'est-ce qui vient toucher son histoire, son idéal, ses limites ? C'est cette double question que je peux tenir avec elle.

Mes études de philosophie et de théologie, la pensée de Carl Gustav Jung ont nourri cette écoute de la même manière, en m'apprenant qu'aucun savoir ne dispense de rencontrer celui qui vient. Ma place d'analyste a été reconnue par les psychanalystes qui m'ont accompagnée, dans l'analyse comme dans la supervision, puis par trois sociétés de psychanalyse, la SFPI, l'APE et l'APM, qui m'ont accueillie parmi leurs membres ; j'ai choisi ensuite d'exercer de manière indépendante, pour que mon écoute reste libre de toute appartenance d'école.

Cette écoute se prolonge aujourd'hui en une recherche indépendante, menée depuis la clinique. Elle s'attache à ce qui transforme un sujet : les images et le rêve, les seuils, le cadre et le tiers, et les formes nouvelles que prennent la parole et le lien.

Comment je travaille